- Tu ne pourrais pas ralentir, James? grogna Prue en essayant de suivre les foulées longues et rapides de James tout comme Jazmin et les trois autres maraudeurs.
- Non.
- Oh! Mais arrête un peu avec ça! Tu t'en fais pour rien! continua Jazmin.
- Je suis convaincu du contraire!
- Allez! Arrête-toi un peu et respire! Sinon tes cheveux blanchiront précocement! rajouta Jazmin.
- Vous pouvez rigoler autant que ça vous chante!
- Mais dit nous au moins où est-ce que tu vas? Tu parts en courant de la salle commune et tu parcoures 4 étages à la course!
- Vous ai-je demandé de venir avec moi?
- Oh! ce que tu peux être de mauvais poil, se fâcha Jazmin.
- Vous n'aviez qu'à pas me suivre.
- Ne me blâme pas, moi, j'ai suivi Prue.
- Et moi, j'ai suivi Sirius, annonça Prue.
- Moi, je t'ai suivi, vieux, répliqua Sirius.
Emporter par un élan de curiosité, James s'arrêta net dans le corridor et se retourna vers les deux derniers, sans se préoccuper de Jazmin qui venait de lui foncer dedans de plein fouet et qui était tombé sur le sol en poussant un petit cri de surprise et de frustration.
- Vous aussi vous avez des excuses minables à me fournir? s'enquit James, agacé.
- Euh... je t'ai suivi pour t'empêcher de faire des sottises, ajouta Remus.
Tous les regards convergèrent vers Peter dont la tête semblait rentrer dans les épaules.
- J'ai... suivi le groupe...
La phrase de Queudver avait été dite avec un accent interrogatif, comme s'il demandait à James si son excuse était acceptée.
- Évidemment, grogna James en reprenant sa route.
- Attends un peu, ce corridor ne mène qu'à une seule place : le bureau de McGonagall, comprit Remus.
- Bien vu! dit James.
- Oh non! James, McGonagall n'aura aucun plaisir à te voir entrer dans son bureau. Tu la questionnes sur l'Ordre depuis ta fête et elle en est tannée, s'exaspéra Jazmin. Elle ne voudra pas que tu la déranges.
- Elle n'aura aucune raison de me rejeter puisque, cette fois, je ne veux pas lui parler de l'Ordre du Phénix, mais de Lily.
- Cornedrue, McGonagall n'est pas vraiment la bonne personne à qui s'adresser pour parler bisou-bisou, rigola Sirius.
- C'est ça, moque-toi! Je ne veux pas lui parler de notre relation, mais de son absence inexpliquée!
- Oh! Lily est sûrement... commença Jazmin.
- Non! coupa James. Ce n'est pas dans ses habitudes de ne pas donner de signes de vie. Elle est partie vendredi passé pour l'enterrement de sa mère. Elle devait revenir lundi. Nous sommes jeudi et elle n'est toujours pas revenue!
- Elle veut peut-être...
- ... passer plus de temps avec sa famille? C'est possible, mais de ce que Lily m'a raconté sur sa relation avec sa s½ur, ça me surprendrait. Et de plus, pourquoi ne me l'a-t-elle pas écrit dans une lettre? Je lui aie envoyé une lettre par jour depuis dimanche et je n'ai toujours pas reçu de réponses!
- Les hiboux se sont peut-être égarés, poursuivit la brunette.
- C'est mon propre hibou que j'ai envoyé la première journée, et il m'est revenu, hier, bredouille.
Voyant que Jazmin n'avait rien à redire là-dessus, James, qui s'était depuis un moment arrêté devant le bureau de la directrice adjointe, cogna à la porte. Dans le bureau, on entendit des signes de mouvement et la porte s'ouvrit en grognant sur ses gonds.
- Je me disais bien que ce devait être votre voix que j'entendais juste devant mon bureau, Potter, dit McGonagall en guise de bonjour.
- Oui, euh, je suis désolé, mais j'aimerais...
- Me parler? Entrez donc! ajouta le professeur en ouvrant davantage la porte et en s'ôtant du chemin. Mais dites donc, s'exaspéra-t-elle en voyant les Gryffondors qui entraient dans le bureau derrière James, vous avez amené toute une classe ou quoi?
- Ne me blâmez pas, professeur, c'est eux qui m'ont suivi.
- Et comme je vois, ce sont tous des élèves qui ont été, comme vous, abordés par le professeur Bones à propos de l'Ordre du Phénix l'année passée. C'est une coïncidence, dites-moi.
- Oui, mais...
- Vous êtes donc si têtu? Faut-il que je transforme votre main en feuille de parchemin et que j'y écrive ce que je vous répète depuis que vous avez 17 ans pour que vous n'oubliiez pas? Vous devez attendre cet été pour participer aux réunions de l'Ordre, vous y joindre pendant l'année scolaire est tout sauf sécuritaire. Que diront les rumeurs si... 6 Gryffondors, continua McGonagall après avoir compter les adolescents qu'elle avait dans son bureau, sans compter Miss Evans, manquent des journées de cours?
- Justement, professeur, pourquoi Lily n'est-elle toujours pas revenue?
Les yeux du professeur devinrent interrogatifs.
- Vous ne venez pas me parler de l'Ordre du Phénix?
- Non, je m'inquiète pour Lily.
Le professeur McGonagall prit automatiquement une attitude prudente.
- Si je peux vous rassurer sur ce point, Potter, Evans n'est pas blessée.
- Physiquement, mais comment va-t-elle psychologiquement?
La directrice des Gryffondors se mordit la lèvre inférieure et sembla réfléchir à ce qu'elle pouvait dire.
- Je ne crois pas que l'état psychologique d'une personne, que vous l'aimiez ou pas, vous regarde.
- Et si j'aime cette personne plus que je m'aime moi-même?
McGonagall fut surprise de la gravité et de l'inquiétude qu'elle retrouva dans le ton de l'élève le plus arrogant de Poudlard.
- Potter, même si je le pouvais, vous n'êtes pas seul et je ne...
- Ce n'est pas un problème ça, coupa James. Vous cinq, dégagez! Allez, du vent!
- Non... Potter, ce n'est pas...
- Allez, Patmol, bouge-toi!
Dans un vacarme de murmures résignés, tant de la part des cinq adolescents que du professeur, Jazmin, Prue, Sirius, Remus et Peter sortirent du bureau et refermèrent la porte.
- Voilà, nous sommes seuls, poursuivit James.
- Potter, gronda McGonagall, les problèmes familiaux de la famille Evans ne regarde qu'Evans... et
sa famille.
- Alors il s'agit d'un problème avec sa famille? C'est sa s½ur qui l'embête? Lily m'a tout raconté à propos d'elle et je sais qu'elles n'ont pas une très bonne rela...
- Potter ! Vous êtes exaspérant, nom d'une gargouille!
- S'il vous plaît, professeur, dites-moi ce qui l'empêche de revenir à Poudlard! Je me fais du sang d'encre pour elle depuis lundi soir, je m'inquiète, ça me torture! Vous avez un petit ami, un mari?
- Potter...
- Vous avez déjà aimé à un tel point que vous en étiez surpris vous-même de cet amour?
Rien ne transparut dans le visage de McGonagall, elle semblait écouté un vieux documentaire sur les tapis volants. Aucune émotion n'était peinte dans ses yeux, seulement la prudence et l'inflexibilité. James vit dans son silence et dans son absence de réaction, une invitation à poursuivre.
- Bref, c'est un sentiment si étrange de ne pas savoir ce qui arrive à l'être qu'on aime tant. C'est comme si vous ne saviez pas ce qui arrivait à votre propre corps, comme s'il avait un problème et que vous ne saviez pas lequel, donc, que vous ne pouviez même pas l'aider. C'est inconfortable, inquiétant et invivable.
Une fois de plus, c'est le silence qui répondit à James, mais un changement s'était effectué en Minerva McGonagall. Un changement presque imperceptible qui adoucissait ses traits.
- Vous hésitez encore parce que je ne suis pas un Evans? Vous ne devriez pas. Ma mère la considère comme de la famille, mon père l'adorerait et l'apprécierait comme sa nièce s'il était toujours... vivant.
Je crois bien que tout ça peut bien être réciproque, n'est-ce pas?
Le professeur sembla chercher au plus profond d'elle-même l'autorisation de dire au jeune homme ce qu'elle savait. Finalement, elle soupira et dit :
- Mr. Evans est décédé.
Une immense peine raviva le c½ur de James.
- Oh non.
- Et Miss Evans a décidé de rester avec sa s½ur pour vivre le deuil ensemble.
- Avec sa soeur? C'est insensé. Pour combien de temps restera-t-elle là?
McGonagall déglutit et essaya de communiquer la réponse à James par le biais de leur regard.
- Elle ne va pas revenir? marmotta James, la gorge serrée.
- Non.
- C'est possible? Elle... elle n'a même pas passé ses Aspics.
- Miss Evans est majeure maintenant et elle choisie seule de son destin.
- Et vous allez la laisser faire sans rien dire?
- Potter, sachez que toutes les démarches ont été suivies. Lorsque le professeur Dumbledore a constaté, lundi soir, que Miss Evans n'était pas revenue comme prévu, il est allé à sa demeure moldue pour s'entretenir des circonstances. Lorsqu'il est revenu à Poudlard, le directeur nous a dit que Miss Evans ne désirait plus revenir à Poudlard et qu'elle voulait vivre en tant que moldue.
- M-m-mais elle ne pourra pas se débrouiller comme n'importe quel moldu dans leur monde, elle n'est pas allée à l'école moldue, elle ne pourra pas travailler. Professeur, dites-moi que c'est une mauvaise blague, elle ne peut pas décider comme ça de changer de... de monde!
- Si, Potter, elle le peut. Étant majeure, elle peut faire tout ce qu'elle veut dans le monde moldu, sauf avoir recours à la magie.
- Alors, j'y vais aussi! Je vais aller avec elle. Elle ne peut pas vivre seule dans ce monde! Je dois y aller avec elle.
- Potter, grogna McGonagall, ne soyez donc pas bête! Que dirait votre mère? À la place de partir avec elle, essayez de la faire revenir à Poudlard! Vous savez autant que moi que Lily Evans ne désire pas laisser tomber le monde de la magie. Trouver ce qui l'enchaîne à sa vie moldue et aidez la à retrouver goût à la sorcellerie.
James réfléchit aux propos de McGonagall. Il n'avait même pas pensé au pourquoi du choix de Lily, mais seulement au comment. Et la réponse lui vint presque automatiquement : Lily devait se sentir coupable de ne pas avoir été là pour sa mère et son père et voulait se rattraper. Elle devait être accablée par la culpabilité.
- Mais comment professeur? Lily est têtue, elle ne changera pas d'idée facilement.
- J'ai peut-être une idée Potter. Vous vous souvenez, l'année dernière, tous les élèves de cinquième année ont eu une rencontre avec leur directeur de maison pour un conseil d'orientation? Lorsque j'ai rencontré Miss Evans, la seule chose qu'elle savait pour son futur, c'était qu'elle désirait travailler dans le domaine de la potion. Je lui ai alors parlé du métier de sérumage. C'est un métier très important qui consiste à fabriquer et inventer des potions pour les blessés et les malades, mais très peu de gens peuvent faire ce métier puisqu'il faut beaucoup d'expertise. Chaque année, les sérumages de l'Hôpital Ste-Mangouste offrent aux adolescents intéressés de plus de 17 ans de partout à travers l'Europe un stage pendant l'été afin de savoir si cette carrière les intéresse et pour les préparer au métier. Si Miss Evans était inscrite, croyez-vous qu'elle serait heureuse?
- Je crois bien que oui. Lily m'a déjà parlé de ce métier et elle m'avait aussi communiqué son désir de sauver des vies à l'aide de sa passion pour les potions.
- Pensez-vous qu'elle reviendrait vers le monde de la magie si elle était acceptée au stage?
- J'en suis presque sûr.
Sur ce, James sortit du bureau de McGonagall le c½ur chagriné, mais espérant.
***
Le voici, le voilà! Vous venez de lire le 100e article de mon blog! Et si tout ça a été possible, c'est grâce à vous qui me lisez et m'encouragez, je ne crois pas que j'aurais eu tant de plaisir à écrire cette histoire sans vous! Je vous dis un immense MERCI!!!
Mais je suis désolé pour ce chapitre assez pauvre... je ne trouve pas qu'il est très bien... mais en même temps, je ne suis pas capable de mettre mon doigt sur ce qui ne va pas... Bref, vous avez des commentaires?
Gros bisous!!!!!!!!
À plus!!!