Il ne se rappelait pas avoir ouvert la porte, ou bien elle avait tout simplement disparu, mais plus rien ne le séparait d'elle. Désormais, il pouvait la voir en entier, de son cou saillant, à ses mains minuscules, jusqu'à son menton râpeux. Ses yeux n'exprimaient rien de particulier. Parfois, pendant une fraction de seconde, ils paraissaient heureux, alors le c½ur du garçon reprenait sa chamade éreintée. D'autres fois, ils semblaient haineux, et le garçon sentait son c½ur se crisper. Mais les autres temps, ses yeux étaient vides, comme s'ils ne voulaient rien exprimer.
Ils se tenaient face à face, dans une confrontation étrange et défiante de tous les éléments. Le silence était de mise et, les yeux dans les yeux, ils tentaient de déterminer comment agir. Le garçon aurait penché pour un baiser. Sentir les lèvres chaudes et lisses de la fille contre les siennes étaient un plaisir qui lui était depuis trop longtemps interdit. La fille ne savait pas ce qu'elle voulait. Elle voulait sentir son corps contre elle, mais elle voulait aussi lui dire comment elle lui en voulait. L'orgueil faisait bouillir son sang.
Mais ni l'un ni l'autre n'aurait pu prévenir la suite. La fille ne put se contrôler. Le garçon ne put l'envisager. Le poing serré, sûr et sadique de la jeune femme parti d'emblée. Il frappa adroitement et sans pitié la tempe du garçon. Le garçon reçut le coup avec étonnement; se retenant contre le mur pour ne pas s'effondrer, il chancela en tenant, à l'aide de ses deux mains, sa tête qui bourdonnait avec fureur.
Il regarda la jeune fille qui paraissait surprise. Il ne lui en voulait pas pour ce coup, il le méritait. Et elle ne semblait pas regretter de l'avoir frapper.
- Lily.
Ce n'était pas une plainte qui lui reprochait son geste. Dans sa voix, ce lisait l'espérance et le bonheur, malgré l'affreuse douleur qui lui fouettait le côté du crâne.
Lily, tant qu'à elle, semblait furieuse. Le coup avait déclenché sa colère. Son visage était rouge, ses sourcils étaient froncés, ses poings étaient crispés et sa mâchoire était raide.
- Dis-moi, sincèrement, m'aimes-tu toujours comme auparavant?
Le ton de sa voix était éteint, comme mort.
- Lily, ce que je ressens pour toi croit de jour en jour. Ce n'est jamais comme la veille.
- Je t'ai fait mal? À la tête?
James ne dit rien. Pour seule réponse, il se massa la tempe d'un air distrait. Quant à Lily, elle ne semblait pas attendre de réponse.
- Cette douleur, cette douleur que tu ressens est bien minime comparée à celle que j'ai dû endurer.
- Je suis tellement désolé, Lily. Je sais comment...
- Tu ne sais rien, James! s'écria finalement Lily, troquant son air terne pour une mine courroucée. Et tu n'es qu'un imbécile!
- Lily...
- Ne me dis pas que tu pensais bien faire!
- Mais c'est la vérité.
- Alors, c'est parce que tu penses mal! Comment as-tu seulement pu faire ça?
- Je...
- Peux-tu seulement t'imaginer ce que j'ai pu ressentir?
- Non...
- James! Comment as-tu pu être si cruel?
En deux enjambées, James traversa l'espace restreint entre eux et attrapa doucement le menton de Lily de manière à ce qu'elle soit obligée de le regarder dans les yeux.
- Pourras-tu comprendre si je te dis que tu me fais perdre la tête?
Pour seule réponse, elle cligna des yeux.
- Je suis tellement obnubilé par toi, que j'en oublie l'important. D'une certaine manière, j'ai été d'un égoïsme honteux. Je n'ai même pas songé à ce que tu désirais, Lily. Tout ce qui m'importait était de te garder en vie. La vie, sans toi, ne vaut pas son nom, c'est un enfer. Je n'aurais jamais cru que c'était autant réciproque. Et puis, l'Ordre m'a appris quelque chose d'indispensable : il vaut mieux périr heureux, que de vivre malheureux.
Lily déglutit, elle ne savait pas quoi dire.
- J'ai été pire qu'un imbécile, Lily. J'ai été minable et accablant puisque j'ai cédé au petit jeu de Tu-Sais-Qui. En tuant des innocents, il nous menace, il veut esseuler les membres de l'Ordre, qu'ils n'aient plus personne sur qui compter. Et en rompant avec toi, j'ai fait exactement ce qu'il voulait.
Les yeux de Lily étaient luisants, remplis de larmes qui ne voulaient pas couler.
- Pourquoi... Pourquoi, dans ce cas, n'es-tu pas revenu à moi lorsque tu as découvert que j'avais laissé tomber le stage? s'enquit Lily, la voix chancelante.
- Parce que je n'arrivais plus à te cerner. Tu étais aussi froide et fermée que... que lorsque nous avions 15 ans, quand tu m'évitais comme la dragoncelle. Je ne savais plus ce que tu ressentais. Je ne savais plus si tu m'aimais toujours, ou si tu me méprisais tant que tu ne voulais plus jamais me revoir.
- C'était un étrange mélange des deux, mais mon c½ur aurait flanché avant.
- Mais ce soir, j'avais pris ma décision. Je venais te rendre visite, mais tu as été plus rapide que moi. Je venais pour te supplier de me reprendre, pour m'excuser et m'offrir en tant qu'esclave dévoué. Lily, tant que mon c½ur et ma raison perdront le nord en percevant ta présence, tant que je vivrai et que tu seras de ce monde, je ne serai rien d'autre qu'un misérable homme esclave de sa reine. Tu es ma souveraine, Lily. Personne ne l'a décidé ainsi et personne ne pourra le changer, sauf toi. Si tu me demandes de ne plus jamais t'aborder, je le ferai. Si tu ne veux plus jamais me revoir, je disparaîtrai. Si tu ne veux rien d'autre que mon amitié, j'oublierai mon amour. Mais si tu veux me reprendre, alors, je t'aimerai. Quel est ton choix?
Pendant quelques secondes, qui s'emblèrent s'éterniser, les yeux de Lily pétillèrent de bonheur. Son menton, toujours caler dans la main douce de James, lui semblait brûlant sous le contact. Ses joues s'empourprèrent de plaisir. Ses lèvres lui étaient endolories par la trop grande distance qui les séparaient depuis trop longtemps de celles de James.
Et sans prévenir, sans penser, elle se hissa sur la pointe des pieds et apposa brutalement ses lèvres sur la bouche chaude et sucrée du garçon.
Il fut surpris pendant un infime moment, mais trop heureux pour réfléchir, il se laissa emporter par ses lèvres affolées. Les bras de Lily, enroulées autour du cou de James, serraient de toute leur force pour minimiser l'espace entre eux. Tandis que les mains de l'homme appuyaient avec fermeté dans les reins de la fille pour l'empêcher de se reculer. L'espace entre leur deux corps leur était insupportable. Pour tout spectateur, leur étreinte aurait semblé agressive, presque violente. Car leur geste étaient brusque et féroce, leur bouche, avide. Leur corps était soudé et leurs membres s'entremêlaient avec acharnement.
Jamais leurs baisers n'avaient été aussi passionnés, aussi sensuels. Leur souffle était guttural, leurs joues étaient rouges de désir et de jubilation. Leur amour était devenu sauvage. Oubliant leur retenu, leurs principes et le monde qui les entourait, ils se laissaient guider par leurs instincts et leurs désirs.
James posa finalement ses lèvres dans le creux de la gorge de Lily, les laissant souffler.
- Je t'aime, marmotta Lily, essoufflée.
Le garçon releva la tête et plongea ses yeux chocolat dans les émeraudes de la rouquine.
- Tu es ma raison de vivre, chuchota James avec sérieux.
Lily reposa ses lèvres sur celles de James, dans un baiser plus doux.
Leur corps ne s'était toujours pas séparé. Coincée entre le mur et James, Lily glissa ses mains sous le pull du garçon, découvrant toute la musculature de son torse. Ses doigts sculptèrent toutes les formes, tentant de les mémoriser par c½ur et appréciant leur chaleur.
Soudain, elle se sépara du garçon. James arqua un sourcil et tendit les mains vers elle, comme aimantées à son corps.
Lily sourit, d'un sourire tendre qui lui priait de lui faire confiance. Lorsqu'il parut plus serein, confiant, elle porta les mains à l'ourlet de son chemisier et, d'un mouvement gracieux, sûr et rapide, déboutonna tous les boutons et retira le vêtement.
Aussitôt, elle replongea son regard dans les yeux de James et ne fut pas surprise d'y trouver de l'incompréhension et de l'incertitude. L'empêchant de dire quoi que se soit, elle pressa sa bouche contre la sienne, interdisant ses lèvres de faire autre chose que de l'embrasser.
Incertaines, les mains du garçon se posèrent avec inquiétude dans le dos nu de la jeune femme, mais bien vite, elles se familiarisèrent avec la tiédeur et le velouté de la peau.
Tranquillement, quand Lily sentit en James moins de raideur face à sa semi nudité, elle attrapa le bas du chandail du jeune homme et tira vers le haut afin qu'il s'en débarrasse. Même s'il se laissa faire, ses yeux exprimaient le doute.
- Lily, nous ne sommes pas obligé de faire ça, là, maintenant.
- Tu n'en as pas envie? interrogea Lily en se pressant contre son torse, le regard enjôleur.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Il est peut-être trop tôt, encore. Encore tout à l'heure, tu étais en colère contre moi.
- Il n'est pas trop tôt, c'est même un peu tard. Tous contacts physiques nous ont été retreins depuis trop de temps.
- Lily...
- Tu n'as pas répondu à ma question. Tu n'en as pas envie?
James soupira, vaincu.
- Bien sûr que j'en ai envie... mais... toi?
- James Potter, j'ai envie de toi. De toi tout entier.
Et aussitôt, Lily embrassa les lèvres de James, ne lui laissant d'autre choix que de l'aimer, lui aussi, entièrement.
La grosse majorité d'entre vous aviez raison quant au mystérieux visiteur. Félicitation!
Bon... parlons de ce chapitre Ô combien soulevant... Il y a longtemps que je vois leur réconciliation, que je sais qu'elle ne sera pas seulement constituée d'embrassade. J'avais même l'idée de la réconciliation bien avant de savoir comment et pourquoi ils rompreraient. Ce chapitre est assez important. Premièrement, parce que James et Lily se sont ENFIN remis ensemble... et deuxièmement, parce qu'ils sont passés à un autre stade!
Vous en pensez quoi de ce chapitre??? Vous l'aimez... ou non?? Pourquoi?
À plus!!!
